La “cage”, ou “crate” comme disent les anglo-saxons, traĂźne une sale rĂ©putation. Elle divise, choque, fait hurler les rĂ©seaux. Pourtant, ce n’est pas l’objet le problĂšme, mais ce qu’on en fait.
En France, peu d’études systĂ©matiques et rĂ©centes existent sur le bien-ĂȘtre animal, l’éducation et le comportement canin. Pour complĂ©ter nos connaissances, il faut souvent se tourner vers l’étranger ou vers l’expĂ©rience personnelle.

𝟏 – 𝐋𝐞𝐬 dĂ©rives

Les dĂ©rives sont nombreuses et graves. Ce sont elles qui ont sali l’image de la cage.

  • đŸš« La dĂ©rive de facilitĂ© : enfermer le chien pour “avoir la paix”, sans travailler sur la propretĂ© ou le comportement.
  • ❌ La dĂ©rive de punition : “tu as fait une bĂȘtise, va dans ta cage !” Erreur totale. La cage devient un lieu d’angoisse, alors qu’elle devrait ĂȘtre synonyme de calme.
  • ⚠ La dĂ©rive d’ignorance : beaucoup copient ce qu’ils voient sur Internet. Un chien calme dans une cage n’est pas le fruit du hasard, mais d’un apprentissage progressif et positif.
  • 🚹 La nĂ©gligence : laisser le chien enfermĂ© dans une cage sans raison, pendant de longues heures, au point qu’il fasse ses besoins dedans. Pire encore, certains font vivre le chien dans la voiture, cage incluse, comme si c’était son quotidien.

âžĄïžđ‹â€™đšđ§đ­đĄđ«đšđ©đšđŠđšđ«đ©đĄđąđŹđŠđž
Une autre dĂ©rive frĂ©quente vient de l’anthropomorphisme : projeter nos Ă©motions et notre façon de penser sur le chien. On croit souvent qu’il “s’ennuie” ou “souffre” parce qu’il est dans une cage, alors que pour lui, cet espace peut ĂȘtre un refuge et un moyen de sĂ©curitĂ©.
L’anthropomorphisme pousse parfois Ă  retirer totalement la cage, ou Ă  juger l’animal sans comprendre ses besoins rĂ©els, ce qui peut compliquer la gestion du stress, de l’anxiĂ©tĂ© ou de la destruction.

đ‘·đ’–đ’ƒđ’đ’Šđ’„đ’‚đ’•đ’Šđ’đ’đ’” 𝒆𝒕 𝒈𝒖𝒊𝒅𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒕𝒆𝒓𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒂𝒖𝒙

Bien que quelques guides et articles solides existent au Royaume-Uni ou aux États-Unis — comme ceux de :

— qui dĂ©crivent la cage comme un refuge sĂ©curisant et non comme un outil de punition, en France, il n’existe pas de publications Ă©quivalentes sur l’usage domestique de la cage (les organismes français comme la SCC, la Fondation 30 Millions d’Amis ou le CNR-BEA abordent le bien-ĂȘtre canin, mais pas spĂ©cifiquement le crate training).

𝟐 – 𝐒𝐹𝐧 đźđ­đąđ„đąđ­đąđ­Ă©

𝑹 – 𝑳𝒆 𝒕𝒓𝒂𝒏𝒔𝒑𝒐𝒓𝒕

🚗 La DDPP impose le transport en cage pour la sĂ©curitĂ© de l’animal. Elle doit ĂȘtre assez grande pour que le chien puisse se lever, se retourner et s’allonger confortablement.
En cas d’accident, elle protĂšge le chien : pas d’éjection, pas de panique, pas de fuite dangereuse.

J’ai longtemps refusĂ© la cage, voulant que mes chiens soient libres.
Jusqu’au jour oĂč j’ai fait deux tonneaux avec mon berger allemand dans le coffre. Les pompiers ont refusĂ© d’approcher : “On ne sait pas comment il va rĂ©agir.” J’ai dĂ» le sortir moi-mĂȘme.
Une autre fois, ma border collie a failli ĂȘtre Ă©jectĂ©e lors d’un freinage brutal. Puis j’ai vu un chien projetĂ© d’un coffre aprĂšs un accident : il n’a pas survĂ©cu. Depuis, je ne discute plus l’utilitĂ© de la cage en voiture.

đ‘© – 𝑳𝒂 𝒅𝒆𝒔𝒕𝒓𝒖𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏

đŸ’„ On croit souvent “mon chien est sage, il ne dĂ©truit pas”. Jusqu’au jour oĂč il le fait.
Au-delà des dégùts matériels, il y a le risque pour lui : occlusions, blessures internes, intoxication, électrocution.
La cage protĂšge le chien de lui-mĂȘme, surtout en pĂ©riode d’apprentissage ou de jeunesse. Ce n’est pas un enfermement : c’est un sas de sĂ©curitĂ©.

đ‘Ș – 𝑳𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒑𝒐𝒓𝒕𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕

Certains chiens ont besoin d’un espace rĂ©duit pour se sentir en sĂ©curitĂ©.
Hyper vigilants, anxieux, chiots surexcitĂ©s : rĂ©duire l’environnement les aide Ă  se poser.
La cage devient un repĂšre, un cocon đŸ’€, pas une prison. Avec un apprentissage correct, elle devient un espace choisi par le chien lui-mĂȘme pour se reposer.

J'ai vu un avant aprÚs chez des clients qui ont proposé la cage à leur chien :
anxieux, destructeurs, hyper vigilants
âžĄïžMAIS bien sur c'est Ă  faire avec prĂ©caution et ne pas crĂ©e encore plus de problĂšme comme je l'ai vu en passant derriĂšre X personne ou X Ă©leveur : le conseil doit ĂȘtre adaptĂ© au chien si ça l'aide ou pas et non une gĂ©nĂ©ralitĂ©. Et bien sur doit ĂȘtre accompagnĂ© d'un travail sur le comportement rencontrĂ©.

đ‘« – 𝑳𝒂 đ’‘đ’“đ’đ’‘đ’“đ’†đ’•đ’†Ì

Certains utilisent la cage pour apprendre la propretĂ©. Cela fonctionne, car un chien Ă©vite de faire lĂ  oĂč il dort.
Je ne l’ai jamais fait, prĂ©fĂ©rant la mĂ©thode observation 👀, sorties rĂ©guliĂšres et cohĂ©rence. La cage peut aider, mais elle ne remplace jamais la prĂ©sence et l’éducation.

𝟑 – 𝐌𝐹𝐧 đžđ±đ©đžÌđ«đąđžđ§đœđž

J’ai vĂ©cu avec quatre chiens en appartement : trois malinois et une border collie.
Pas de cage Ă  la maison, seulement dans la voiture. Et pourtant, quand je laissais le coffre ouvert, cages ouvertes, je les retrouvais souvent dedans, roulĂ©s en boule, paisibles. MĂȘme avec accĂšs Ă  la maison et au canapĂ©, ils choisissaient la cage.

Plus tard, en maison, il ne restait que deux malinois, puis une seule, Urban, dĂ©jĂ  ĂągĂ©e. Elle s’est mise Ă  dĂ©primer. J’ai alors adoptĂ© Mandy, une jeune croisĂ©e labrador de cinq mois.
Et lĂ , j’ai dĂ©couvert la destruction — la vraie. Lunettes, tĂ©lĂ©commandes, vĂȘtements, ustensiles
 tout y passait. Ce n’était pas du stress ni de l’ennui : juste une boule de malice, fugueuse, voleuse, destructrice
 mais tellement attachante. Elle n’a jamais cessĂ© ses bĂȘtises jusqu’à ses 12 ans.

✹j'ai pu gĂ©rer tout ce qui a Ă©tĂ© ingurgitĂ© (bout de verre de lunettes, clĂ© wifi, clĂ© usb, piles, morceaux de louche, etc etc ) grĂące aux conseils de mes anciens vĂ©tos (et les nouveaux ont la mĂȘme astuce bien sur)
❗Pour mac : il a volĂ© une chaussette et occlusion opĂ©ration en urgence et prise trĂšs tĂŽt donc pas d'intestin nĂ©crosĂ© : 1500 euros (c'est le minimum) et une complication Ă  la cicatrisation.

Quand j’étais lĂ , la cage Ă©tait ouverte, et elle allait dormir dedans. Mais elle profitait de la moindre occasion — une douche, un dĂ©tour — pour faire des bĂȘtises derriĂšre mon dos, parfois mĂȘme sous mon nez. La cage a surtout servi Ă  la protĂ©ger de ses propres bĂȘtises quand j’étais absente. Elle n’a jamais Ă©tĂ© une punition.
Quand elle est dĂ©cĂ©dĂ©e, j’ai enlevĂ© sa cage. Les autres chiens allaient souvent s’y reposer, et la cherchaient ensuite. J’en ai remis une pour qu’ils puissent continuer Ă  y aller quand ils le souhaitent. Aujourd’hui, ils y dorment tour Ă  tour, malgrĂ© le canapĂ© et leurs autres coins “dodo”. La cage n’est plus une contrainte : c’est un refuge qu’ils choisissent eux-mĂȘmes.

❗En vieillissant : morphy gĂšre de moins en moins bien ses TOC et son hyper sensibilitĂ© aux bruits.
Morphy prĂ©fĂšre ĂȘtre en cage quand je m'absente maintenant, avant il Ă©tait mieux en libertĂ© mais ses TOC se sont accentuĂ©s. RĂ©duire l'espace l'aide Ă  mieux gĂ©rer le bruit et tout ce qui le perturbe quand je ne suis pas lĂ  et ---------> moins de mutilations !

đ‚đšđ§đœđ„đźđŹđąđšđ§

La cage n’est ni un instrument de punition, ni un simple meuble.
Les dĂ©rives existent, souvent par ignorance ou facilitĂ©, et elles peuvent tourner au drame si on oublie le respect et les besoins du chien. Mais utilisĂ©e correctement, elle protĂšge, rassure et offre un espace choisi Ă  l’animal.
Mon expĂ©rience montre que ce n’est pas la cage qui limite le chien, mais la maniĂšre dont on l’utilise.
Elle a permis de sĂ©curiser la voiture, de prĂ©server ma chienne et surtout d’offrir un refuge Ă  mes chiens — mĂȘme Ă  celle qui est restĂ©e chipie crĂ©ative jusqu’au bout. La cage, ouverte, accessible et respectĂ©e, devient un alliĂ©, un espace de repos volontaire et choisi, pour le bien-ĂȘtre de tous. đŸŸ